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Son histoire :
Christophe Colomb découvrit la Guadeloupe le 4 novembre 1493, lors de son
deuxième voyage; il la nomma «Santa Maria de Guadalupe de Estremadura» en
hommage au célèbre monastère espagnol en Estrémadure. Par la suite, le nom fut
raccourci et prit sa forme actuelle (l'origine du nom Guadeloupe, à travers
l'espagnol Guadalupe, remonte en fait à l'arabe oued el-oub, «rivière de
l'amour»). L'île était alors peuplée par les Caraïbes, peuple amérindien
originaire de la région du Venezuela, qui appelaient leur île Karukéra, «l'île
aux belles eaux». Ce peuple guerrier, installé sur l'île depuis le XIVe siècle,
en avait alors chassé les premiers habitants, les Arawaks ou Taïnos, peuple plus
pacifique établi dans les îles depuis la fin du IIIe siècle. Connaissant la
poterie, pratiquant l'agriculture, sachant pêcher et naviguer, les Arawaks
avaient développé une civilisation évoluée, s'implantant de préférence près des
rivages et en particulier près de Trois Rivières. Au XVIe siècle, les
expéditions espagnoles, conduites par Juna Ponce de León, puis Antonion Serrano
furent repoussées par les indigènes, mais l'île servait d'escale aux bateaux
européens pour le ravitaillement en eau potable et en bois.
En 1635, mandatés par la Compagnie des Îles de l'Amérique, deux Français
d'origine normande, Liénard de l'Olive et Jean Duplessis d'Ossonville,
s'installèrent dans l'île avec quelques centaines de colons qui y introduisirent
la culture de la canne à sucre (1644) . Les débuts de la colonisation, à
Sainte-Rose et dans la région de Vieux-Fort en Basse-Terre, furent difficiles.
Divisés par des querelles internes, affaiblis par la famine et la fièvre jaune
(1637), les colons menèrent une guerre d'extermination contre les indigènes,
afin de s'emparer de leurs terres; vingt ans après l'arrivée de ces premuiers
colons, il ne subsiste plus aucun Amérindien en Basse-Terre. En 1644, Français
et Hollandais se partagent l'île de Saint Martin; vers 1650, les Français
s'implantent à Marie-Galante, aux Saintes et à la Désirade. En 1660, un traité
de paix signé entre la France et l'Angleterre attribuait à cette dernière la
Dominique et Saint-Vincent.
La Guadeloupe, passée à la Compagnie des Indes occidentales en 1666, devint
possession de la Couronne en 1674, et se développa vers une économie basée sur
le sucre et l'esclavage. L'essentiel de la main d'œuvre nécessaire à la mise en
valeur des terres fut fourni par des esclaves originaires d'Afrique. La traite
des Noirs, entreprise dès les débuts de la colonisation, s'organisa et se
développa au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle (publication du Code
noir en 1685). En 1656, l'île comptait environ 3.000 esclaves pour une
population de 15.000 personnes. Parmi les quelque 40.000 habitants que comptait
l'île à la fin du XVIIe siècle, on comptait plus de 30.000 esclaves Africains,
pour moins de 8.000 Blancs, 1.100 mulâtres et 76 Caraïbes.
La Guadeloupe était administrée par un gouverneur qui releva, à partir de 1669,
du gouverneur de Fort de France (Martinique). Occupée en 1759 par les
Britanniques pendant la guerre de Sept Ans (1759-1763), la Guadeloupe fut rendue
à la France par le traité de Paris (1763), avec la Martinique, dont elle fut
détachée administrativement.
Après l'abolition de l'esclavage par la Convention (décret du 16 Pluviôse an II,
4 février 1794), les Britanniques, profitant du désordre causé par une révolte
d'esclaves et du ralliement de certains planteurs qui refusaient la République,
occupèrent à nouveau l'île (avril 1794). Le Conventionnel Victor Hugues, qui
avait été nommé commissaire civil par le Comité de Salut public et doté des
pleins pouvoirs, arriva en Guadeloupe en juin, à la tête d'une flotte et de
1.150 hommes. Il promulgua le décret du 16 Pluviôse, chassa les Anglais hors de
l'île (décembre 1794) et établit le régime de la Terreur (1794-1798). Cependant
la brutalité de Victor Hugues lui aliéna peu à peu toutes les sympathies.
Remplacé par le général Desfourneaux, il fut écarté de la Guadeloupe. L'île
entra dans une nouvelle période d'instabilité. À Desfourneaux succéda un
triumvirat inefficace, que remplaça le capitaine-général Lacrosse. Ce dernier
inaugura avec une extrême maladresse une politique réactionnaire, génératrice de
troubles, qui aboutirent à son arrestation.
La Guadeloupe tomba alors aux mains d'un conseil provisoire, présidé par
Magloire Pélage, un métis martiniquais modéré. Le Consulat envoya le général
Richepance rétablir l'ordre. Débarqué en mai à Pointe-à-Pitre, il vint à bout
des troupes de Pélage et de celles de son lieutenant Delgrès qui préféra se
donner la mort avec ses 300 hommes plutôt que de se rendre. Le 16 juillet,
l'esclavage était rétabli.
La Grande-Bretagne, qui occupa l'île à la fin de l'Empire, la restitua à la
France en 1816. La Révolution de 1848 abolit définitivement l'esclavage (27
avril 1848), ce qui ruina momentanément la production de sucre. Des troubles
éclatèrent dès 1850 (puis de nouveau en 1895, en 1899, en 1924, et encore en
1967). Faute de main d'œuvre africaine, les planteurs firent appel, dès 1854, à
des Indiens (en provenance des Indes). En trente ans, ils furent 42.000 à venir
travailler sur l'île. 20.000 d'entre eux moururent à la tâche, 8.000
retournèrent aux Indes. À la fin du XIXe siècle, Chinois, Libanais et Syriens,
majoritairement commerçants, vinrent compléter cette mosaïque de population.
Sous la IIIe République, la Guadeloupe et la Martinique se virent attribuer une
représentation à l'Assemblée nationale, et, en 1876, la France acheta
Saint-Barthélemy à la Suède, qui possédait cette île depuis 1784.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Antilles restèrent aux mains du
gouverneur de Vichy, et la Guadeloupe fut administrée par le gouverneur Sorin
jusqu'au 15 novembre 1942. Le 15 juillet 1943, elle se ralliait au Comité
français de libération nationale. En 1946, la Guadeloupe devint un département
d'outre-mer, auquel la décentralisation de 1982 octroya le statut de Région.
Département français, la Guadeloupe fait aujourd'hui partie intégrante de
l'Union européenne, et sa situation périphérique a été reconnue par le traité de
Maastricht en 1992.
En décembre 2003, comme sa voisine la Martinique, la Guadeloupe s'est prononcée
à une forte majorité (73 %) contre un projet de réforme constitutionnelle
prévoyant de transformer les régions monodépartementales en une nouvelle
collectivité territoriale dotée d'une assemblée unique dans chacune des deux
îles.
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